Le Mâât : aux origines du droit égyptien

Sait-on que le droit égyptien eu lui-même une influence fondamentale dans l’élaboration du droit romain via les philosophes grecs ? Les égyptiens, à la fin du IVème millénaire avant notre ère, avaient déjà fait la différence entre, d’une part, une justice générale relevant d’un ordre cosmique garantit par le roi et la morale, et, d’autre part, une justice particulière, individuelle, relevant du juge notamment pour le partage équitable des biens. Le droit égyptien, c’est-à-dire le Mâât (qui est à l’origine la fille de Rê, le Soleil créateur, garante du bon ordonnancement du cosmos), suppose de rendre la justice équitablement, en répartissant les charges et les biens entre les administrés et en tenant compte de leurs besoins. Le régime pharaonique, qui a vécu trois millénaires, n’a connu une telle longévité que grâce à sa philosophie du Mâât, en veillant à ce que le droit soit respecté et la justice rendue. Le Mâât fait l’objet d’un enseignement oral permanent dans les temples et nous en retrouvons des traces sur leurs parois. Nul doute que Platon, dont on sait qu’il effectua un voyage en Egypte, fut marqué par l’enseignement des prêtres en ce qui concerne ce Mâât. Nous en retrouvons par ailleurs des traces marquantes dans la philosophie d’Aristote, particulièrement dans son Ethique à Nicomaque où il distingue la justice générale de la justice particulière. Or, nous savons que l’œuvre d’Aristote eu une influence fondamentale sur l’invention du droit civil à Rome, à l’époque où Cicéron écrit dans De oratore que l’art de distinguer ces deux justices dans la philosophie grecque a permis l’élaboration du droit romain. Dans quelle mesure les pays arabes sont encore tributaires du droit égyptien de l’Antiquité ?

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